L'HISTOIRE DES HÔPITAUX DE

TARBES SOUS L'ANCIEN REGIME

Dr.Chaouky.

 

Lettres patentes de Louis XIV (1703)

LETTRES PATENTES DE LOUIS XIV

Louis par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre à tous présents et à venir, salut.

" L'établissement fait par nos ordres d'un hôpital général dans plusieurs villes de nôtre royaume pour la clôture et subsistance des,pauvres mendiants, a eu un succès si avantageux, que c'est ce qui nous a fait écouter favorablement les remontrances qui nous ont été faites de la part de notre ami et féal conseiller en nos conseils François de Poudenx, évêque de Tarbes, et de tous les habitants de la ville, au sujet de l'établissement d'un hôpital général qu'on a commencé d'y faire, et nous avons été édifiés de voir les bonnes intentions qu'ils ont pour le soulagement des pauvres qui y sont enfermés.

A ces causes, voulant contribuer à une oeuvre si utile au service de Dieu et à celui du public, Nous, de l'avis de notre conseil qui a vu les délibérations prises par tous les corps et communautés de ladite ville, et de notre certaine science,pleine puissance et autorité royale. Avons par ces présentes, signées de notre main, loué, approuvé et confirmé, louons, approuvons et confirmons l'établissement d'un hôpital général en notre ville de Tarbes, dans lequel nous voulons que les pauvres valides soient enfermés pour y être employés aux ouvrages de manufacture et autres travaux, et qu'on y puisse même recevoir les orphelins et autres pauvres enfants pour y être élevés et instruits à la religion catholique.

Voulons que la maison, lieu et clôture, où les pauvres seront enfermés, soit appelé l'hôpital des pauvres enfermés de la ville de Tarbes,et que cette inscription avec l'écusson de nos armes soit mise sur le portail du dit hôpital général, lequel nous prenons en notre protection royale, sans toutefois qu'il dépende de notre grande aumônerie, ni qu'il puisse jamais être réputé sujet à la visite des officiers de la grande aumônerie, auxquels nons interdisons toute juridiction et connaissance.

Et afin de Commettre le soin de cet établissement à des personnes dont la probité soit connue, Nous voulons que'le bureau du dit hôpital soit composé de notre ami et féal conseiller le sieur évêque de Tarbes et de ses successeurs, lesquels seront chefs et et président dudit bureau, et, en leur absence seulement, de leur grand-vicaire qui y présidera pareillement et des autres administrateurs de l'ancien hôpital.

Le Conseil de conscience:Anne d'Autriche, le jeune Louis XIV et Saint Vincent de Paul.

Le bureau s'assemblera une fois chaque semaine. Le président aura sa place au bout de la table et les autres directeurs auront leur séance et rang de la manière qu'ils l'ont à présent : et les délibérations ne seront réputées valables que si, pour les affaires les plus importantes, ils sont au nombre de cinq, et de trois pour les affaires de moindre conséquence.

Donnons pouvoir aux dits directeurs d'élire un trésorier, un secrétaire et un syndic.

Pour le spirituel, l'évêque en aura l'entière disposition et y mettra tel ecclésiastique qu'il en jugera capable et qui sera appelé le recteur de l'hôpital général. Il ne pourra être destiné que par ledit sieur évêque.

Voulons que tous les dons faits aux pauvres en termes généraux dans la ville de Tarbes soient partagés entre les deux hôpitaux.

Permettons de faire fabriquer toutes sortes de manufactures et de les y faire vendre d'y faire construire des foulons... Et parce qu 'il est important que les artisans qui enseignent les pauvres s 'y portent volontiers et avec plus d'affection, Nous ordonnons qu'après qu'ils y auront travaillé six ans, ils puissent être présentés par les administrateurs pour être reçus sans frais maîtres des arts et métiers.

Permettons aux dits administrateurs de recevoir tous dons et legs qui seront faits, d'en faire les acceptations, recouvrements et poursuites nécessaires : ensemble d'acquérir, échanger, emprunter, transiger, compromettre avec peines, accorder les différents meus et à mouvoir; lesquels compromis et transactions. Nous avons validé et validons comme s'ils étaient faits entre majeurs.

Enjoignons à tous curés, notoires et tabellions d'envoyer incessamment au dit hôpital général les extraits des actes où il y aura dons et legs en sa faveur... Pourront les administrateurs faire tous les règlements nécessaires, tant au dedans de l'hôpital pour l'ordre et la discipline qu'au dehors pour empêcher la mendicité. Et afin que les dits règlements soient observés, Nous donnons aux dits administrateurs tout le pouvoir de direction, correction des pauvres enfermés ; et pour ce, leur permettons d'avoir dans le dit hôpital des prisons et des poteaux, à la condition qu'il y ait lieu d'infliger ces peines. A l'égard des mendiants qui seront trouvés dans les rues, les administrateurs pourront les faire constituer en prisons du dit hôpital.

Défendons de donner l'aumône, à peine de trois livres d'amende applicables aux pauvres du dit hôpital. Pour empêcher les pauvres de mendier, permettons d'élire tel nombre d'archers qu'on jugera nécessaire pour prendre les dits mendiants et vagabons et les conduire dans le dit hôpital... Auront les dite archers casaques et bandolières ; ils pourront porter épées et hallebardes. Défendons aux dite archers.de prendre aucune chose aux dite pauvres ni de les maltraiter à peine, par les contrevenants, d'être emprisonnés.

Et afin que les administrateurs, receveurs secrétaires et syndics ne puissent être distraits d'un service si important pour la gloire de Dieu et pour le public, voulons qu'ils soient, pendant le temps de leur administration, exempts de toute tutelle, curatelle, séquestre, garde des portes et de toute les charges publiques, sans que sous ce prétexte ils puissent renoncer aux tutelles qui leur auront été déférées avant leur administration comme aussi le médecin et chirurgien qui serviront gratuitement les pauvres du dit hôpital en soient aussi exempts. Déclarons le dit hôpital exempt de tout droit de guet, garde, fortification, fermeture de ville, même de logement et passage, aides et contributions de gens de guerre.

Si donnons en mandement à nos amis et féaux les gens tenant notre cour de parlement à Toulouse, et notre chambre des comptes a Pau et à tous autres nos officiers et justiciers qu'il appartiendra, que ces présentés ils aient à enregistrer, et du contenu en icelles faire jouir et user le dit hôpital pleinement, paisiblement et perpétuellement cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements à ce contraires, car tel est Notre bon plaisir : et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre acel à ces dites présentes.

- Donné à Versailles au mois d'août I703." LOUIS.

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©1999-2009 L'histoire des hôpitaux de Tarbes sous l'ancien régime:création Chaouky Malik