L'HISTOIRE DES HÔPITAUX DE

TARBES SOUS L'ANCIEN REGIME

Dr.Chaouky.

 

L' économie des hopitaux de Tarbes sous l'ancien régime :

La première trace d'écriture comptable se situe en 1583, elle concerne les hopitaux Sainte Blaise et Saint Jacques : les recettes s'élevaient à 1010 écus 13 soles 2 deniers, les dépenses à 839 écus 14 soles. Les livres de comptes et recettes de l'hôpital Saint Blaise de 1709 à 1750 nous donne une description comptable des activités d'un hôpital sous l'ancien régime.

Les recettes :

1) Les legs :

L'hopital vit des oeuvres charitables des chrétiens , le plus gros des apports consiste en de nombreux legs émis de leur vivant ou par testament par des mortels animés de pieuses intentions. Parfois le leg est transmis sous forme de rente perpétuelle : c'est l'intérêt d'un capital, il doit être payé au bout de l'an par les héritiers du défunt à l'hôpital. Ceux-ci se font souvent tirer l'oreille pour servir cette rente Le syndic de l'hôpital intervient pour rappeler à de meilleurs sentiments les héritiers, à l'amiable ou après procés en parlement.

Le leg prend une forme numéraires sous l'aspectd'une somme d'argent versée en une seule fois ou forme foncière par legs de terres et terrains.

Une des premières bienfaitrices du XVIIème siècle s'appelait Isabeau de Rimbles d'Orignac. Elle légua à hôpital de Tarbes une rente de 500 livres. Puis une somme de 300 livres fut léguée par un administrateur Bonsom Pedoux. Les dons proviennent de particuliers mais aussi de communautés :Pays de Bigorre, ville de Tarbes,communauté de Luz,de Barbazan-Debat,de la Marquerie. Ce sont de véritables subventions versées par le Pays de Bigorre la ville de Tarbes et les communautés d'habitants.

J'ai pu juger de l'érosion monétaire entre 1709 et 1721 pendant la fin du régne désastreux de Louis XIV et la régence. La rente de leur ville de Tarbes passe de 36 livres en 1709 à 30 en 1720 puis 24 livre de 1721 à 1738 pour un capital de 1200 livres .

L'hôpital prête de l'argent à des particuliers.En 1735 une somme de 300 livres puis une autre de 400 livres sont prêtée aux sieurs Jean Lanzac, Jean Barrère,Dominique Dintrans,Jean Cenac . Ces placements rapportent respectivement 15 livreurs et 20 livres l'an soit 5% d'intérêt.

Le fermage et le métayage : la terre léguée était ensuite affermée ou exploitée sous forme de métairies. En 1714 et 1715 les fermiers demandèrent des dégrèvements probablement en relation avec de très mauvaises récoltes. Une partie des terres rapporte en grains . Une partie des grains devaient servir à la consommation des établissements hospitaliers. Le reste était vendu et la recette consignée sur les livres comptables: en 1717, la vente rapporte 63 livres, en 1718,26 livres, en 1729,338 livres, en 1735,264 livres. En 1737 le détail de la vente est retranscrit

- 7 sacs de seigle seront vendus 86 livres et 6 soles

- 8 sacs et 3 mesures de millet 87 livres et 10 soles.

2)recettes diverses :

Dans le registre des recettes on mentionnera le produit du travail des " pauvres enfermés ".L'ouvroir de l'hôpital est essentiellement consacrée à des travaux manufacturés textiles avec création de bas, de gants, de jupons.

Les aumônes procurent un petit revenu ;le jeudi Saint de 1708 ( 5 Avril) 8 livres 5 soles 7 deniers sont collectées.Les effets des malades ou pauvres sans famille sont vendus au profit de l'hôpital.

 

Les dépenses :

1) l'hôtellerie :cette rubrique était intitulée " Pour la dépense journalières des pauvres malades". Cette somme était versée en douze mandements à une hospitalière , véritable surveillante générale de l'hôpital. Cette dépense représente de 20 à 30% du budget hormis les années 1709 et 1710, années difficiles par la cherté des produits et le nombre des mendiants ou elle représente 50% des dépenses.

2) La pharmacie :maitre Dabat fut le pharmacien attitré de l'hôpital durant la première moitié du 18ème siècle.Les dépenses pharmaceutiques oscillaient entre 250 et 350 livres par an.

3) Les indemnités du personnel :

Le personnel écclésiastique : un sacristain et un prieur ou aumonier étaient rémunérés sur le budget de l'hôpital.

le personnel soignant : Un médecin , un chirurgien ainsi que l' hospitalière étaient rémunérés sur le budget de l'hopital.

En 1772 après la réunion des hôpitaux de la cloture et Saint Blaise le conseil d'administration décida de confier la gestion de l'hôpital général aux sœurs de Saint Vincent de Paul ou filles de leur charité. En substance l'évêque de Tarbes et l'abbé Jacquier supérieur général des filles de la charité signaient à Paris l'acte confiant les pauvres malades à l'ordre créé par Saint Vincent de Paul et Louise de Marillac. Les impots : Dans les registres de l'hôpital Saint Blaise sont inscrites les sommes payées au titre de la taille. Cet impot indirect roturier est attaché à la terre possédée par l'hôpital.

4) Les services sociaux.

L'institution hospitalière est agent social pour les enfants déshérités et orphelins. Le trésorier délivre des ordres de paiement à des femmes de la région pour l'entretien d'un ou deux enfants(22 ou 44 livres par an).

L'hôpital prend en charge des cures thermales, l'hôpital dote des filles déshéritées en vue de leur mariage, l'hôpital prend en charge de " pauvres paralytiques ". Enfin il octroi des bourses d'apprentissage pour former des jeunes à l'art de la barberie, à la cordonnerie…

5) la comptabilité et l'écriture :

J'ai noté avec surprise que la charge de comptable rapporte (21 livres en 1719) ! Nous sommes dans une société de vénalité des charges , ceux-ci étaient aussi vendues. Par conséquent elle est rémunératrice. Il semblerait que le comptable gère une partie de la trésorerie de l'hôpital à son seul profit en le prêtant à des particuliers.

6) les frais de réparations et d'entretien :

C'est la portion congrue des dépenses, je pense que les pauvres enfermés avaient en charge l'entretien des bâtiments. Néanmoins en 1771 l'état de délabrement de l'hôpital Saint Blaise est tel que l'évêque est contraint de le fermer.

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©1999-2009 L'histoire des hôpitaux de Tarbes sous l'ancien régime:création Chaouky Malik